Fils d'une institutrice et d'un militaire, André Girod aurait pu porter, à jamais, les stigmates de ce mal qui accabla sa petite enfance, être un de ces individus à la vie étouffée, confinée… Ce fut l'inverse qui se produisit. Plutôt que de l'enferrer dans un quotidien étroit et de le pousser à bâtir une vie stable et rassurante, il sembla développer en lui une inextinguible soif de liberté, un inépuisable esprit anticonformiste, une volonté de se construire dans les marges, dans l'ailleurs. Rapidement, aux lendemains de la guerre, la France apparut ainsi trop petite pour celui qui embrassa une carrière d'enseignant, trop limitée pour son appétit, pour sa curiosité, pour son espièglerie, pour son goût pour l'inconnu… Alors: partir. Jamais pour fuir, toujours pour se réaliser. Dans les cadres de l'Europe d'abord. Puis élargir totalement l'horizon et se frotter aux Amériques…