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LE TRAIN GRACE AUQUEL L'HOMME N'A PLUS RIEN A ENVIER AU POISSONS ET AUX OISEAUX

Code EAN13: 9782745324627

Auteur : ROZET/PRUVOST

Éditeur : CHAMPION


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Train en provenance de...

De bon matin j'ai vu passer le train
De trois grands rois qui partaient en voyage.
Chanson traditionnelle d'un noël populaire.

Si l'invention du train, en tant qu'«ensemble constitué par une locomotive entraînant une suite de véhicules de transport sur des rails» (Annales de l'industrie française, 1829) est récente dans l'histoire de l'humanité, et si le vocabulaire s'y rattachant a pris son plein essor au XIXe siècle, avec la Révolution industrielle, pour autant, le mot «train» était déjà en vogue dès le XIIe siècle.
Il tient ses origines de la vaste famille latine construite autour du verbe trahere, «tirer, traîner derrière soi», tragere en bas latin, traginare en latin populaire, puis traîner en ancien français. C'est en effet à partir du verbe traîner, attesté dès 1131 sous Louis VI le Gros, que naquit le train quelques années après, en tant que «file, ensemble de choses tirées». On est certes encore loin des rails, mais indéniablement le train a dès le départ quelque succès!
Ainsi, dès la fin du XIIe siècle, se rapprochant du futur moyen de transport, il désigne déjà un convoi de bêtes de somme et, plus largement au XIIIe siècle, les domestiques, chevaux et voitures accompagnant un haut personnage, le roi par exemple. D'où le «train du roy». Forcément long et somptueux.
Plus tard, au XVe siècle, l'un des sens correspondra à la «partie de la voiture à laquelle sont attachées les roues», pour qualifier également dès le XVIe siècle, la «partie de devant ou de derrière de certains animaux». D'où la naissance des termes «avant-train» et «arrière-train» au XIXe siècle, celui qu'on «botte».

Un train de marchandises sans wagons?

C'est dans la mesure où au XIIe siècle, un «train» représentait une suite en mouvement, qu'au XVIIe siècle, on a aussi appelé train un ensemble de choses fonctionnant en même temps: un train d'artillerie représente par exemple sous Louis XIV «tout l'attirail», associé dans une même finalité, «pour servir l'artillerie».
On peut être surpris de découvrir dans le Dictionnaire français espagnol de François Oudin, en 1660, la mention d'un train de marchandises, qui n'a évidemment aucun lien avec une quelconque machine à vapeur, mais représente des marchandises convoyées ensemble, tout comme le train de bois flotté, également cité par Oudin, correspondait à l'ensemble des troncs, des «bois de grumes»-c'est-à-dire couverts de leur écorce - réunis en radeaux et attachés les uns aux autres, mis à flot sur une voie d'eau pour une destination en aval.
Dans cette dynamique, le «train» s'assimilera facilement au XIXe siècle aux cargaisons de munitions que l'on déplace en voiture à chevaux jusqu'à destination et c'est tout naturellement que le convoi constitué de plusieurs wagons se déplaçant ensemble sur un «chemin de fer» fut nommé «train», attesté en ce sens en 1829. En 1837 naissait l'expression train de voyageurs puis, cette fois-ci sous la forme de wagons tirés par une locomotive, était dans la foulée attesté le train de marchandises. Bien différent de celui de Oudin...
  • EAN
    9782745324627
  • Auteur
  • Éditeur
    CHAMPION
  • Collection
    CHAMP. MOTS
  • Genre
    Essais littéraires
  • Date de parution
    04/10/2012
  • Support
    Broché
  • Description du format
    Version Papier
  • Poids
    114 g
  • Hauteur
    174 mm
  • Largeur
    105 mm
  • Épaisseur
    12 mm
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