Cet essai, envisageant Sade à la lettre, évoque le passage à l'acte, lorsque le prisonnier devient écrivain. Le centre de gravité en est le Donjon de Vincennes, où il est enfermé pendant 7 ans (1777-1784), a priori son seul tombeau. Là, il connaît les expériences fondamentales, l'angoisse, l'amour, la joie. Là, surtout, il se perd: de la déchéance physique à la ruine mentale, du plaisir solitaire aux affres de la pensée, de la correspondance forcée à la littérature, de la mélancolie à l'ésotérisme... Les 365 fragments de cet essai constituent autant de découpes d'une roue dentée conduisant mécaniquement à l'extrême de la perte, là où se tiendrait la poésie - car Sade, qu'on le veuille ou non, est un poète: son livre majeur, Les 120 Journées de Sodome, scelle son cercueil poétique.