En partant de la conviction, en grande partie construite par lui-même, que Karl Lashley était un pur scientifique, exempt de toutes considérations pratiques, idéologiques ou politiques, l'auteur retrace l'histoire décisive des débats qui animèrent la première partie du XXe siècle sur les rapports entre l'esprit et le cerveau. Elle parvient, à partir de l'analyse de la correspondance de Lashley et de quelques autres, à déconstruire cette image de pureté du savant et à resituer ses travaux et prises de positions, en particulier en matière d'hérédéritarisme, dans le cadre socio-politique de l'Amérique des années 1910-1940. Non seulement cet ouvrage apporte un éclairage décisif sur la controverse qui anima la période et est encore aujourd'hui débattue, mais il constitue un exemple de ce qu'une histoire des sciences problématisée peut permettre de mettre en évidence.