«Traité» d’un genre insolite, qui relève davantage d’une composition musicale ouverte - sorte de suite chorale dont la musicalité remarquable repose sur les mêmes principes fondamentaux qu’elle invoque - l’esthétique de la musique d’Alfred Döblin, publiée en 1910 dans Der Sturm, se déroule dans le cadre d’un petit drame à caractère expressionniste. Pour le lecteur français qui longtemps n’avait pu connaître, de ce grand écrivain contemporain à l’oeuvre multiple, que le seul roman Berlin Alexanderplatz, voici une excellente initiation à la complexité döblinienne. Il y a bien des raisons de lire et relire ce beau texte inclassable, qui intrigue autant qu’il attache - par ce mélange de tristesse, d’humour et de sérénité, de rigueur et de poésie - et qui retient par la qualité de son écriture.