Il est souvent bien difficile de deviner l'âge de certaines vedettes au visage remodelé au Botox. Qu'en sera-t-il demain lorsque ces transformations ne seront plus seulement esthétiques, mais s'appliqueront au corps entier, à sa sélection et à son amélioration, lorsqu'une prothèse de bras branchée sur le système nerveux sera plus agile que le membre de chair et d'os? Faudra-t-il préférer l'artificiel au naturel? Quel serait le devenir d'une telle entité livrée à l'industrie médicale, aux biotechnologies, aux nanotechnologies, et qui vivrait, en outre, non seulement sur le plancher des vaches, mais dans des espaces virtuels informatisés? Un homme techniquement rectifié jusqu'à l'immortalité, tel que l'attendent les transhumanistes, qui ne sont pas de vulgaires illuminés mais de très sérieux chercheurs. Un tel homme serait-il encore humain? Au-delà des peurs absurdes et du refus de la science, comment penser la mesure dans un monde qui semble irrésistiblement emporté par la démesure? Cet animal machine dénué de toute fragilité, produit sophistiqué promis par le monde scientifique, saura-t-il encore éprouver des sentiments comme l'amour, saura-t-il apprécier la convivialité, le plaisir d'être ensemble?