Un homme voyage à pied. Il arpente le Suffolk, une contrée faiblement peuplée sur la côte est de l'Angleterre. Tout au long du chemin, les traces d'un passé, tantôt glorieux tantôt honteux, contribuent à l'enracinement de cette unique certitude, fondatrice d'une inaltérable mélancolie : le monde présent n'est que la trace d'un monde disparu, un champ de ruines témoignant d'un incessant et irréversible processus de destruction. Les figures exemplaires dont il ressuscite la mémoire - Charles Algernon Swinburne, Thomas Browne, Chateaubriand, Gustave Flaubert, Joseph Conrad - dont les voies biographiques et créatrices se croisent sur la côte est de l'Angleterre, s'incorporent tout naturellement aux propres révélations apocalyptiques de l'auteur. Un seul remède à la paralysie qui sans cesse menace celui qui est tombé sous l'influence délétère de la planète Saturne : le voyage à pied associé à l'écriture. W. G. Sebald est l'auteur des Emigrants paru en mars dernier chez Actes Sud (BM No40).