Poète avant que d'être romancière, Zoé Valdés dresse dans ce recueil, qui rassemble des poèmes composés entre 1987 (fin de son premier séjour à Paris) et 1993 (La Havane), l'inventaire des premières absences qui jalonneront tant sa vie que l'élaboration de son oeuvre : Cuba, déjà, lors de cette "répétition" de l'exil, puis l'impérieuse ivresse du corps, ultime rempart contre un désabusement voisin du chaos pour cette jeune génération d'insulaires aux exigences esthétiques et érotiques les plus entières. La langue est âpre et festive à la fois, qu'elle évoque la quête de soi dans la folie du monde ou la jouissance des corps dans l'amour qui abîme.