Revue de presse
Le propos, extrême, est admirablement servi par le talent graphique de Bess. Univers visuel puissant fait de planches éclatées en champs et contre-champs, cassures de rythme, le dessinateur inspire à lui seul une grande part du sentiment d'étrangeté qui anime l'album. On retiendra les fresques un peu folles de la cérémonie indienne qui finit en transe collective. Et les visages en plan rapproché, où se dessinent comme des icônes effrayantes narrant une fin toute proche. Il y du millénarisme dans cette uvre là, des scènes hallucinées d'un Jérôme Bosch, un renvoi permanent à toute l'iconographie mystique et morbide d'un millénaire de christianisme. Misère, violence, superstition, gnose c'est toute la vision obsédante de Jodorowsky qui resurgit. Du "Lama Blanc" à la rédemption christique, comme une grande fable dont le sens final reste à ce jour un mystère.--A.M.F.-- -- Urbuz.com