Créés en France dans les années 1960, les foyers de travailleurs
migrants ont cédé la place, dans les années 2000, aux résidences
sociales. Dortoirs, cuisines collectives et salles de réunion
disparaissent au profit de studios avec salle de douche et kitchenette
et de quelques salles polyvalentes. Les pouvoirs publics et les
organismes gestionnaires imposent l’individualisation des espaces de vie
et contraignent les pratiques collectives.
Confrontés à cette
nouvelle donne, les habitants mettent en place des stratégies pour
s’adapter. À travers une enquête ethnographique au long cours réalisée
dans trois résidences d’Île-de-France, Laura Guérin montre comment les
résidents, principalement originaires de la vallée du fleuve Sénégal,
parviennent malgré tout à habiter, à cohabiter, à résister.
Nourrie
de nombreux entretiens, d’observations de terrain ainsi que d’un
travail de recherche archivistique, cette étude, inscrite dans le champ
de la sociologie du logement et de l’espace, apporte un éclairage inédit
sur le processus de résidentialisation et ses effets sur le quotidien
des résidents.
Laura Guérin est docteure en
sociologie, maîtresse de conférences à l’université Paris-Nanterre et
membre du laboratoire Architecture Ville Urbanisme Environnement
(LAVUE). Ses travaux portent sur le logement et les espaces habités, les
migrations post-coloniales et les mobilisations sociales.