Le trekking a connu une profonde mutation durant ce dernier quart de siècle, pour finir par séduire le plus grand nombre. Tout en conservant une vocation exploratoire, le spectre des itinéraires s'est élargi au niveau des pays visités, plus seulement situés dans des régions de haute montagne. Le trekking parcourt désormais la Grande Muraille de Chine, visite le Cap Vert aux rythmes du carnaval, arpente les plages brésiliennes, vogue d'une île de la Sonde à l'autre... Le trekkeur voyage parfois en famille, il rencontre directement les populations locales, il n'est pas rare qu'il réside chez l'habitant, il s'intéresse aux modes de vie et aux spécificités culturelles en même temps qu'aux paysages naturels et à l'allure de son pas. Les catalogues des agences ne délaissent pas la montagne pour autant. Certains circuits restent sportifs et peuvent relever de l'alpinisme, comme à l'Aconcagua en Amérique du Sud ou sur des sommets himalayens dépassant 6 000 m, qui exigent parfaite condition physique et capacité à enchaîner de longues marches sur des terrains exigeants. Mais en prenant le chemin de l'évolution, le trekking est arrivé à maturité. Une nouvelle diversité mise en évidence par le livre qui a inspiré cet agenda: Les plus beaux treks du monde.
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En 1741, les Anglais Richard Pococke et William Windham entreprennent un Grand Tour qui ouvre la voie au tourisme dans les Alpes. Environ un siècle plus tard, entre 1832 et 1854, et dans un tout autre registre, les Boers de la région du Cap en Afrique du Sud entament le Grand Trek, un exode vers le nord pour fuir les Anglais, notamment coupables d'avoir aboli l'esclavage... Ils sont bien malgré eux les pionniers du trekking, mot issu du néerlandais trekken qui signifie «marcher»... Mais le trekking ou trek tel que nous le connaissons aujourd'hui est une activité récente. Ses origines se situent plutôt dans les années 1960 et nous conduisent en Himalaya, plus particulièrement au Népal, au lendemain des expéditions qui ont conquis les sommets de plus de 8000 m les uns après les autres. C'est une période d'ouverture progressive pour des contrées jusque-là méconnues, aux frontières longtemps fermées. Les premiers treks se déroulent dans ces hautes vallées dont ils franchissent les cols à des altitudes parfois proches de celle du mont Blanc, en faisant respectueusement le tour des groupes montagneux les plus élevés de la planète. Le trek est alors, et avant tout, un circuit pédestre itinérant visant à découvrir une région montagneuse et «exotique». La fin de la décennie suivante marquera le véritable essor de la discipline.