Les peintures contemporaines, objets uniques, dont la qualité fait l'objet d'évaluations souvent contradictoires, peuvent-elles faire l'objet d'une analyse économique pertinente ? L'auteur montre comment les évolutions récentes de la science économique permettent d'appréhender un marché qui a longtemps été mis à l'écart du fait de ses spécificités. Après avoir analysé les conditions d'émergence d'une nouvelle convention de qualité, l'originalité, au milieu du XIXe siècle, l'auteur montre l'importance du comportement mimétique des agents (influence normative et informationnelle). Les modèles évolutionnistes sont mobilisés pour montrer comment la qualité artistique est le fruit d'interactions entre quelques individus ayant le pouvoir de créer " de petits événements historiques ". Les rapports existant entre cette qualité et le prix de marché sont alors envisagés et l'apparition de bulles spéculatives expliquée.