Les années récentes ont vu se succéder les crises financières en Asie, en Russie, au Brésil ; la croissance " molle ", le chômage de masse et le creusement des inégalités économiques en Europe ; les guerres commerciales et les contraintes qu'imposent les organisations internationales ou les instances européennes ; les délocalisations d'activités productives, les fusions et acquisitions d'entreprises, leur réorganisation souvent synonyme de réduction d'effectif, etc. La globalisation économique et financière contemporaine est-elle " coupable ", pour reprendre le titre d'un ouvrage de l'économiste américain Paul Krugman ? Souvent présentée comme un phénomène inédit, elle est vue par les uns comme une évolution bienfaisante, triomphe des marchés qui exerceront enfin leur discipline sur des gouvernements nationaux trop enclins à des interventions intempestives et pour la plupart nuisibles, tandis que les autres l'accusent de tous les maux dont souffrent les économies contemporaines et de toutes les impuissances des politiques nationales. Qu'en est-il vraiment ? Les contributions réunies dans cet ouvrage cherchent à cerner plus précisément les caractéristiques de la globalisation économique et financière, ses antécédents et ses traits spécifiques, pour tenter d'apprécier les marges de manœuvre laissées aux politiques économiques nationales.