La mondialisation des acteurs économiques, sous l'égide des firmes multinationales, les transferts de technologie, la globalisation des flux de marchandises ou surtout de capitaux, la contagion internationale des modes de consommation... et des crises, semblent participer d'une normalisation générale qui toucherait les modes de développement, la gestion des firmes, les politiques des Etats. La fin des systèmes socialistes conforte le sentiment d'un alignement de la quasi-totalité des pays sur un modèle unique, l'économie de marché. L'Union européenne participe au mouvement, en faisant des fameux " critères de convergence " le point de passage obligé de ceux qui veulent adhérer à la monnaie unique. Ce thème de la convergence est par ailleurs discuté dans le cadre de la théorie de la croissance équilibrée, qui anticipe un rapprochement progressif des niveaux de productivité et des niveaux de vie entre nations. Mettre à l'épreuve cette notion multiforme de convergence, analyser les liens complexes entre mondialisation, uniformisation et diversification, tel est l'objet de cet ouvrage. L'évolution des comportements des acteurs, la mutation des configurations institutionnelles léguées par l'histoire, l'inflexion des trajectoires nationales de développement sont ici analysées aux niveaux micro, méso et macroéconomiques par des économistes, des sociologues et des politistes. Les diverses contributions font ressortir la complexité des évolutions en jeu en cette fin de siècle incertaine. Les mêmes forces qui engendrent des rapprochements, des pressions en faveur de l'alignement, qui suscitent imitation ou conformité, favorisent de nouvelles singularités et créent simultanément variété et différenciation. Loin de faire émerger un univers homogénéisé par son interdépendance accrue, la marche du monde demeure ambivalente : les tendances à la convergence se combinent avec le jeu renouvelé de la diversité, qui est le propre de l'histoire.