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JOURNAL D'UNE JEUNE FILLE MAL DANS SON SIECLE 1840-1859

Code EAN13: 9782716502924

Auteur : AMELIE WEILER

Éditeur : LA NUEE BLEUE


   Arrêt de commercialisation
Extrait de l'avant-propos de Nicolas Stoskopf:

La publication du Journal d'Amélie Weiler réalise le rêve d'une jeune fille qui se voyait en femme de lettres: «Obscur et ignoré dans sa jeunesse, pensait-elle qu'un jour son nom serait prononcé par bien des bouches et brillerait en tête de son manuscrit?» se demande-t-elle ingénument le 2 février 1840 en commençant son journal. La réponse - «Ah! loin de là, cette pensée n'est jamais entrée dans mon âme» - témoigne d'une humilité et d'une retenue de bon aloi, mais la question trahit bien les ambitions secrètes: Amélie écrit son journal pour qu'il soit lu. Lorsqu'elle l'avoue de façon explicite le 7 juillet 1842, c'est pour déplorer que l'aurore de cette vie, à laquelle elle aspire, s'avère «piteusement prosaïque», puis en 1843, pour l'inscrire définitivement au chapitre des illusions perdues. Pourtant, elle continue à écrire et finit par laisser une oeuvre, probablement unique, ce Journal, tragique et romantique, qui dit la douleur d'un rêve brisé: six cahiers ont été conservés, datés de 1840 à 1859, écrits par une femme qui passe des dix-sept ans de son adolescence aux trente-sept ans de sa maturité. Il aura fallu un siècle et demi pour que le Journal d'Amélie Weiler sorte de l'ombre et soit publié.
L'histoire commence le 29 avril 1822 à Strasbourg, au 15 de la rue des Jardins, dans une maison aujourd'hui disparue, par la naissance d'Amélie Victoire Madeleine Weiler, fille aînée de Jean-Daniel Weiler et de Marie-Madeleine, née Faudel. Par ses origines familiales, Amélie paraît a priori très éloignée du monde des lettres: ses grands-parents appartenaient au milieu de la boutique, à cette petite bourgeoisie protestante de Strasbourg qui, regroupée depuis des siècles au sein de corporations, formait le noyau de la population locale. Chez les Weiler, on était boucher de père en fils et l'on se mariait avec des filles de boucher; chez les Faudel, on était plutôt cafetier ou aubergiste, mais les schémas matrimoniaux étaient les mêmes. Aussi le mariage de ses parents le 21 juin 1821 ne constituerait qu'une entorse modeste à cette stricte endogamie sociale si le jeune marié, fils et petit-fils de bouchers, n'était avocat de profession, inscrit au barreau de Strasbourg depuis 1819. (...)
En publiant Le moi des demoiselles au printemps 1993, Philippe Lejeune a attiré l'attention sur les journaux déjeunes filles dont il a dressé le répertoire provisoire pour le XIXe siècle: aux cent six noms de sa liste s'ajoute maintenant celui d'Amélie Weiler. Dans l'ordre chronologique, elle se situerait parmi les premières. Elle est l'une des rares à être protestante. Elle rejoint Pauline Weill, dont le journal est inédit, pour représenter l'Alsace. Son journal est un des plus importants, tant par la durée de la rédaction que par son volume. Surtout, c'est un petit chef-d'oeuvre qui consacre son auteur comme écrivain et lui ouvre les perspectives d'une carrière, hélas posthume.
Bonne chance, Amélie!
  • EAN
    9782716502924
  • Auteur
  • Éditeur
    LA NUEE BLEUE
  • Genre
    Arts, société & sciences humaines - Histoire
  • Date de parution
    01/06/1995
  • Support
    Broché
  • Description du format
    Version Papier
  • Poids
    250 g
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