Corinne, l'héroïne, a 62 ans, une vie "exemplaire", un "bon" mariage, de "bons" enfants, un "bon métier" - les guillemets ne sont pas inutiles. Car lorsque le livre commence, sous forme d'une sorte de journal qu'elle tient à l'intention de ses enfants, on va vite comprendre que les apparences sont trompeuses, d'une part, et que d'autre part Corinne va tout faire pour nous empêcher de voir la réalité des choses. Peut-être parce qu'elle refuse de la voir elle-même. Son mari s'est détaché d'elle. Ils vivent sous le même toit mais comme frère et soeur. A-t-il une liaison avec sa voisine ? Corinne va nous laisser le supposer, alors qu'elle sait que ce n'est pas vrai. De fausse piste en fausse piste, nous allons découvrir, comme dans un jeu de miroirs, les secrets de chacun, jalousement cachés aussitôt qu'entrevus. George, le mari, a vécu une passion dévorante pour un de ses assistants. Dans le Sud profond, si "politiquement correct", cela ne doit pas se savoir. Or Corinne le sait - l'a accepté sans l'admettre. Tout en évoquant sa propre liaison, autrefois, avec une femme. Des histoires de famille soigneusement occultées vont aussi resurgir - le suicide d'une grand-mère en particulier. Que peut-on dire ? Que faut-il dissimuler à tout prix ? Derrière ces faux-semblants, ces mensonges, ces non-dits, ces refus de voir les choses en face, il y a beaucoup de souffrances, bien réelles, celles-là. Beaucoup de courage aussi, beaucoup d'amour. Corinne aime son mari, aime ses enfants, aime la vie. D'obstacles en embûches, elle a parcouru un long chemin. Au seuil de la vieillesse, elle continue sa route.