Quelque célèbre qu'il soit aujourd'hui, François Boucher (1703-1770) reste victime d'un préjugé défavorable dû à l'excessive diffusion d'un aspect fragmentaire de son œuvre, l'aspect " galant ". On oublie trop qu'il fut un artiste complet et autodidacte qui se forma d'une manière méthodique, notamment en étudiant les œuvres des peintres du Nord alors très recherchés par les collectionneurs - Wouverman, Berchem, Bloemaert, Rubens et, bien sûr, Rembrandt. En évoquant ce goût nouveau des amateurs de l'époque pour l'art nordique du XVIIe siècle et en rapprochant leurs œuvres de celles de Boucher, Françoise Joulie démontre de façon magistrale et inédite l'influence qu'ils exercèrent sur son art. Les œuvres présentées permettent également de redonner enfin à Boucher la place qu'il mérite parmi les plus grands dessinateurs du XVIIIe siècle.