Mettre les hommes et les choses à l'abri : tel est le génie de l'architecture. Mais au fur et à mesure des temps, il ne s'agit plus simplement de protéger l'homme du vent, de la canicule ou de la froidure, mais plus essentiellement de son destin métaphysique. Si la métaphysique rend fou, l'architecture seule peut protéger l'homme de cette folie qui naît de sa surexposition à la terre et au ciel, à l'Histoire et aux dieux. Car l'architecture met en oeuvre une géométrie de la finitude, qui inscrit la liberté de l'homme dans la limite qui la déploie. Des cadrans solaires au palais Farnese, du pont du Rialto aux travaux de Léonard de Vinci sur les forces, telle est la tâche de la technique lorsqu'elle se fait non pas démiurge, mais architecte.