Quand la communication devient "phénomène extrême", situation qui semble correspondre au stade postmoderne des sociétés d'abondance occidentales, apparaît alors la "transparence du mal" (Baudrillard): la disparition du contraste, l'impossibilité de la réfutation, l'inutilité du contrôle. On passe de la vigilance à la neutralité, par l'indifférence et l'interaction. Dans la modernité, politique et participation formaient un couple administré par la conscience. Dans la postmodernité, l'interaction se substitue à la participation, tout comme l'économie du quotidien prend la place de la politique. On vit, à fleur de peau, pour le bien et le mal. Il y a de la lumière sans ombre. On est dans l'univers paradoxal de l'action passive, du bien sans le mal, de l'affirmation sans la négation, de la négation de toute négation: la positivité absolue. Quand tout est positif, les technologies de contrôle deviennent obsolètes. Mais qu'est-ce qui prend alors leur place? Les technologies de l'imaginaire. Biographie: Juremir Machado da Silva, né en 1962, est écrivain, journaliste, traducteur et professeur à Porto Alegre, au Brésil. Docteur en sociologie de la Sorbonne, il a fait sa thèse sous la direction de Michel Maffesoli. Chercheur au Centre National de Recherche Scientifique du Brésil, il a déjà publié une vingtaine de livres, entre essais et fictions, parmi lesquels, en France, Le Brésil, pays du présent (Desclée de Brouwer).