«Le boulot de people n'est pas un boulot de feignant. Le people professionnel doit en effet, sous peine de se voir déchu, être en scène 24h/24, 365 jours par an. Il lui faut sans cesse courir les diverses boîtes de nuit parisiennes à la mode, donc se montrer quelques instants chez Jean-Roch (le VIP Room), aller faire un bisou express à Cathy Guetta (le Pink Paradise) tout en donnant une claque amicale dans le dos de son mari, David, effectuer un passage éclair chez Tony Gomez (le club de l'Etoile), faire un crochet par une réception privée organisée par un fabriquant coréen de téléphones portables, qui lui offrira son modèle dernier cri (rejetons les rumeurs insinuant que certains people s'empresseraient de les revendre), et, tandis que point l'aube, se rendre à un «after» où, d'une main molle, il saluera ses pairs, aussi harassés que lui. Même rythme d'enfer durant les vacances, d'hiver comme d'été, que ce soit à l'Ile Maurice, à Saint-Tropez, en Sardaigne, dans l'île de Pantalerria ou tout autre lieu de passage obligé. L'ubiquité n'est pas un sport de tout repos. Autant d'efforts et d'abnégation ne le mèneraient cependant à rien s'il ne s'imposait de surcroît une stricte discipline de vie. C'est-à-dire une vie parsemée, à intervalles réguliers, d'aimables excentricités ou esclandres propres à le rappeler au bon souvenir de la presse spécialisée, et, corollaire impératif de son statut, d'aventures sentimentales (le terme «amoureuses» ne serait peut-être pas le mieux adapté) à grand spectacle, dont la seule issue possible se traduit d'abord, bien entendu, par une fausse séparation, suivie d'une définitive et fracassante rupture. Qui dira jamais la somme quotidienne de souffrances qu'endure le people consciencieux ? Contrepartie valorisante de ce métier de chien, les aventures des people sont lues chaque semaine par une dizaine de millions de Français dans la presse spécialisée. Mieux que la plus suivie des séries télévisées. Enfin, loué soit le Seigneur, le people bénéficie d'autre part de menues compensations, à la fois susceptibles de le distraire et d'améliorer le rendement de sa «petite entreprise». Et cela par deux moyens infaillibles : les ménages, d'abord, les procès, ensuite...» Ainsi commence ce livre vérité, sans précédent, sur les People.