Dominique Bodin propose dans cet ouvrage une problématique précise, novatrice, qui bouscule les idées reçues. C'est le résultat de quatre années de recherches sur le terrain durant lesquelles il a questionné 2 400 spectateurs et supporters, interviewé 130 membres des noyaux durs des clubs de supporters mais également des policiers, des journalistes, des délégués à la sécurité...
A partir d'une étude comparative du supportérisme dans quatre sports distincts : le basket-ball, le football, le rugby et le volley-ball, l'auteur analyse et interprète les phénomènes de déviances et de violences chez les supporters de football en France. Cette étude nous amène ainsi à nous interroger :
- D'où vient la notion de hooliganisme ?
- Sur quels types de données reposent les études relatives à ce sujet ?
- S'il existe un hooliganisme français dans quelle mesure se différencie-t-il de celui des Anglais, Belges, Hollandais ou Allemands ?
- Pourquoi et comment des gens passionnés par un sport peuvent-ils devenir violents ?
- Pourquoi ces événements se produisent-ils essentiellement, pour ne pas dire quasi exclusivement, dans le football ?
L'auteur refuse d'emblée " l'évidence " du déterminisme social du hooliganisme qui serait le fait de classes sociales défavorisées et d'elles seules. La " position sociale " des individus n'induirait pas leurs comportements violents qui seraient le fruit d'interactions complexes. Il s'attaque au " construit idéologisé " des statistiques officielles et des modèles qui en découlent. Il montre que la violence doit être considérée comme un " accomplissement pratique " résultant de la compétition intergroupes. La violence est une partie culturelle, historique, intégrale et intégrative de chacun des groupes de supporters.