Cet essai étudie la permanence mais aussi l'intéressante évolution du thème des perceptions sensorielles tout au long de l'œuvre de Jean Giono. Partant de la manière dont Giono érige les sensations en barrage contre un vide existentiel de plus en plus menaçant, il montre que c'est en définitive le travail des sensations par un imaginaire et une écriture - donc une poétique et non une philosophie - qui donne au romancier les moyens de gagner ce " pari " du " divertissement " sensoriel qu'il semble opposer au Pari pascalien. Cette étude soutient que, pour Giono, les relations sensorielles unissant l'homme au monde restent, de bout en bout, d'une importance vitale et offrent une irremplaçable matière première, mais que seule la recréation du monde sensible peut faire échec à la menace du vide.