Depuis plus d'une vingtaine d'années, on le sait, la religion a mis en déroute tous les pronostics et questionné les évidences sur lesquelles étaient fondées nos démocraties. La recomposition du religieux, sous de nouvelles formes ou sous des apparences de retour(s) parfois, est un des phénomènes les plus déconcertants issus de la "globalisation". Partout en Europe, en Amérique et bien au-delà, la "question religieuse" fait rage et se retrouve au coeur des dynamiques politiques actuelles et déborde des limites instituées qui régissaient naguère les "sphères différenciées du social". Or force est de constater que les sciences humaines et sociales sont encore loin d'avoir fourni des interprétations suffisamment satisfaisantes pour rendre compte des réalités multiples et mouvantes qui composent cette situation et pour nous permettre de nous saisir, des questions complexes qu'elles soulèvent sur le plan normatif et proprement politique. Bonne raison pour effectuer un retour sur la question du religieux (déjà abordée dans. le N° 22 de la Revue du MAUSS, paru en 2003 : Qu'est-ce que le religieux ? Religion et politique), en nous demandant comment elle remet en cause nombre de nos catégories et de nos a priori.