Toujours plus d'élèves en échec, toujours plus d'enseignants démoralisés et de parents inquiets quant à l'avenir de leurs enfants. Toujours plus de palmarès d'établissements qui sèment le doute et attisent les frustrations. Est-ce réellement du choix de l'école que peut venir le salut, comme le suggèrent les récentes mesures d'assouplissement de la carte scolaire? Est-il vrai qu'en intensifiant la concurrence entre établissements, on crée une émulation qui favorise l'élévation des performances des élèves? Ce credo se révèle totalement infondé: c'est ce que montre cet ouvrage fondé sur une étude de grande ampleur, qui combine de façon inédite approche historique, comparaisons statistiques et enquêtes de longue durée sur différents sites (restituant la parole d'enseignants, de parents et d'élèves). La concurrence pénalise au contraire les élèves. Les performances scolaires les plus basses et les plus inégales se trouvent en effet précisément dans les zones où les logiques de marché scolaire sont les plus prégnantes (notamment en Ile-de-France): de graves troubles associés à la concurrence entre établissements, au zapping scolaire et à l'obsession des classements y perturbent la scolarité de nombreux élèves, bien au-delà des « ghettos ». Les meilleurs résultats s'observent quant à eux dans des contextes de coopération durable visant à favoriser les progrès de tous les élèves. Grâce également à l'éclairage de comparaisons internationales (et en particulier à l'analyse du succès de la Finlande), ce livre permet ainsi de comprendre en quoi l'essor de la concurrence a provoqué le déclin de l'école française.