Chaque mercredi durant trois ans, le journal La Croix a laissé à Emmanuel Godo la plus entière liberté pour faire entendre sa voix, poser un autre regard sur le monde. Dans le vacarme de l'actualité, il s'est efforcé de parler d'âme, de poésie, de beauté. L'un de nos plus grands malheurs est que nous vivons dans la mauvaise langue – une langue fonctionnelle, amoindrie, qui blesse nos intériorités, coupe nos élans les plus nobles.
Il était naturel que ces chroniques deviennent un livre. Son titre, Dans le fleuve éternel, rappelle que l'humanité est le nom d'une grande histoire sacrée, qui se dévoile quand on se rend attentif à des signes : la mort de Christian Bobin, la publication d'un recueil de poèmes, le souvenir de simples silhouettes jaillies du quotidien comme celle d'un vieux qui passe à vélo.