Pour expliquer le soulèvement hongrois d'octobre 1956, il fallait analyser la situation de la Hongrie d'après-guerre, les conditions de la liquidation de la démocratie et de la prise du pouvoir monopoliste par le parti communiste en 1948-1949. Pourquoi le régime communiste imposé par Staline fut-il condamné à des crises perpétuelles? Pourquoi le procès Rajk, destiné à "purger" le parti communiste de ses éléments non-conformistes, "titoistes" approfondit-il le malaise? Comment le peuple de Hongrie subissait-il ce régime et pourquoi s'insurgeait-il contre lui en défiant une des grandes puissances militaires du monde? François Fejtö a tenté cette analyse sociale, économique, politique, psychologique, au moment même où le drame se déroulait devant les yeux perplexes du monde, en donnant sur la Hongrie, comme le dit Jean-Paul Sartre dans sa préface, "En cette époque trouble de mensonge et de violence, ce qu'il nous faut surtout:... la vérité". Son essai permettait de comprendre le sens des événements, il éclairait aussi l'avenir, car la première - en fait la seule - révolution anti-totalitaire qui a ébranlé le monde communiste, aura été le premier signe de la crise, générale qui aboutira en 1989 à la fin de l'hégémonie soviétique en Europe centrale.