Les tombeaux royaux ont toujours excité l'imagination et, depuis un siècle et demi, ils sont au coeur de controverses où la science n'est pas exempte d'arrière-pensées. En Judée, la mort et les monuments funéraires de la quasi-totalité des souverains - David, Salomon, les rois de Juda, les Asmonéens et les Hérodiens - sont bien connus grâce aux textes hébraïques, grecs et latins. Ces textes ont été utilisés pendant des siècles pour localiser les tombeaux royaux disparus ou pour essayer d'établir l'origine princière des grands monuments funéraires anonymes. Depuis une trentaine d'années, les chercheurs remettent toutefois en cause la valeur historique de certaines sources antiques, notamment bibliques, et quelques-uns vont même jusqu'à discuter l'importance, voire l'existence, des premiers rois. Dans ce contexte, la mise en perspective de l'archéologie et des textes funéraires permet de mesurer avec pertinence l'exactitude historique de la Bible et des auteurs classiques. L'étude systématique de la mort et des tombeaux des rois juifs apporte aussi un éclairage nouveau et déterminant sur la conception de la royauté en Judée et sur ses implications religieuses dans l'Antiquité. Biographie de l'auteur Archéologue et historien, docteur de l'université de la Sorbonne (Paris IV) et ancien pensionnaire de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem, Jean-Sylvain Caillou étudie et fouille, depuis 1996, des nécropoles antiques de la Méditerranée orientale.