A partir d'un travail de terrain effectué en service hospitalier de médecine interne, l'autrice interroge les conceptions de la santé et de l'autonomie à l'oeuvre dans situations de soin aiguës qui im pliquent des personnes malades chroniques, fragiles ou multimorbides. Elle montre alors qu'en contexte de chronicité, la logique thérapeutique ou de "gestion de crise" propre à la médecine de l'aigu doit coexister avec la perspective d'une médecine envisagée comme soutien à la vie avec la maladie. Dans ce contexte, l'autrice appelle à reconsidérer la décision médicale non pas comme un moment "hors du soin" , reposant sur une logique du choix, mais comme une dimension à part entière d'un travail du soin qui vise non pas à restaurer la santé entendue comme absence de maladie ou l'autonomie comme absence de dépendance mais à préserver une certaine "latitude de vie" pour des personnes qui ne guériront pas.