Bien des gens, dans le monde des médias, m'ont surnommée la «marieuse des vedettes». C'est une affirmation un peu lourde à porter, je l'avoue. Plus sérieusement, plus généralement aussi, on me présente comme la spécialiste dans l'art de la séduction qui, depuis vingt ans, fait naître des unions amoureuses durables. C'est plus juste et, je l'admets, assez flatteur. Mais ce n'est pas tout à fait la vérité.
En fait, j'ai facilité la naissance de bien des histoires d'amour depuis beaucoup plus de vingt ans. Dès mon adolescence, j'aidais les autres jeunes dans leurs expériences de séduction. Tout un chacun venait me voir pour me demander conseil ou pour trouver la motivation qui l'inciterait à vaincre sa timidité pour oser, enfin, faire les premiers pas. Je le conseillais alors sur ce qu'il devait dire, ce qu'il devait faire et, surtout, la façon dont il devait le faire. Je devinais, et ce, généralement avant qu'on m'en parle, qui s'intéressait à qui.
Je pouvais ainsi savoir si la personne qui me demandait conseil faisait fausse route ou si elle avait des chances de plaire à l'élu de son coeur. J'avais cette faculté de déceler les petits détails qui révèlent l'intérêt que porte une personne à une autre; un regard plus insistant, un brin de nervosité, une attention soudainement plus marquée pour sa tenue vestimentaire, la recherche soutenue d'une présence... Je pouvais aisément dire, à l'avance, qui se retrouverait en couple avec qui, ou même quel couple durerait ou ne durerait pas. Déjà, enfant, j'avais cette capacité qui étonnait d'ailleurs grandement ma mère: je savais déceler les signes, chez les adultes de mon entourage, qui indiquaient que tel couple allait bien ou que telle union était en péril.
Les professionnels qui cherchent les meilleurs candidats pour les entreprises sont surnommés des chasseurs de têtes. Dans le même esprit, j'aime bien me définir comme une «chasseuse de coeurs». Certains diront que j'ai un don. Pour ma part, je suis plutôt sceptique par rapport à ce genre de choses. Je préfère parler de talent. Je reconnais avoir le talent de comprendre très rapidement ce qui s'ébranle lorsque débute une histoire d'amour. Je suis sans doute plus sensible que le commun des mortels à tout ce qui touche les rapports entre hommes et femmes et, plus précisément, à tout ce qui se rapporte au processus de séduction. Comme les grandes artistes du chant ou de la danse, je crois sincèrement être née avec ce talent et j'évolue dans cette sphère avec une facilité qui me déconcerte moi-même autant que les autres. Je ne prétends pas être une grande artiste comme Ginette Reno ou Margie Gillis, mais j'ai la conviction que la séduction est à la fois un art et une science et que, comme le chant ou la danse, la séduction s'apprend. Encore faut-il savoir où se situer dans ce processus d'apprentissage pour bien cerner son potentiel de séduction.
Au fil des ans, j'ai développé une approche plus ordonnée pour bien comprendre les motivations et les attentes de ceux et celles qui cherchent l'amour. Au départ, j'effectuais ce travail d'analyse plus ou moins intuitivement. Mais l'intuition ne surfit pas.