"Moi, Paul Melki, sujet solitaire, durement touché par la maladie à ma naissance, je reste lucide sur mes incapacités. (...) Mes mots sont obligatoirement ceux d'un détraqué, pas ceux d'un Homo erectus. Ne croyez pas que le monde soit semblable vu d'un fauteuil à roulettes, fussent-elles électriques. Pitre blême, je libère la parole pour ne pas être qu'une chose. Je suis le miroir passionné de vos vies. Parfois, dans le mensonge de la nuit, quand on ne me voit plus, je me distingue. Amoureux superbe ou résidu assommé d'inertie, je compose alors au fur et à mesure de mes besoins. C'est la nuit de ma vie où je peux réaliser ce que le jour m'interdit." Du même auteur : Journal de bord d'un détraqué moteur.