Esthétique, théologie et politique chez Walter Benjamin. "Le caractère destructeur ne connaît qu'une devise : faire de la place, qu'une activité : déblayer" (Benjamin, 1931). Le caractère destructeur s'approprie la barbarie de l'époque : celle de la modernité en général et celle du fascisme en particulier. Tout l'effort de Benjamin a consisté à transformer ce geste destructeur en stratégie esthétique et politique : en "barbarie positive".Gérard Raulet essaie ici de rendre compte de cette tentative, par une interprétation menée au plus près des textes de Benjamin. Car Benjamin, auteur mythique, est plus souvent invoqué que réellement lu. A la lumière de cette lecture, on constate que l'oeuvre de Benjamin est le document d'un échec : l'échec des forces productives esthétiques les plus avancées (les nouveaux médias de l'époque) dont la "barbarie positive" entendait affronter le fascisme sur son propre terrain et qui n'ont su que répéter l'échec des espoirs révolutionnaires du XIXe siècle. Si cet échec ne fait pas de doute, il n'est pas question pour autant de méconnaître l'apport de Benjamin : il a inauguré une interprétation nouvelle de la modernité à partir de ses mythologies. Mais c'est aussi une raison de plus pour démythifier Benjamin, tout en sachant que cet échec reste l'horizon de notre "modernité".Cet ouvrage est le premier, parmi ceux consacrés à Benjamin, qui s'attache à une lecture précise des textes. Il devrait s'imposer comme le livre de référence d'initiation à Walter Benjamin.