" J'étais arrivé, nouvellement diplômé, avec l'intention de collaborer, à mon niveau, aux pratiques soignantes. Je ne voulais pas " sauver le monde ", non, je voulais seulement être un infirmier convenable. Je constate aujourd'hui que j'ai surtout été confronté, et que J'ai participé, à l'exercice de pouvoirs qui ont pour caractéristiques communes de nier le patient en tant que personne. Et cela où que j'aie exercé : au sein même de l'hôpital comme dans le cadre de structures dites extra-hospitalières. Voila tout en ce qui concerne mes états d'âme d'infirmier psychiatrique je m'arrange comme je peux avec ça. On peut fermer les yeux, s'enfuir ou se satisfaire du système ; on peut aussi essayer de comprendre. C'est ce dernier choix qui a été le mien. "
Sur ce choix, Philippe Clément s'explique : Les " malades mentaux " sont-ils des malades comme les autres ? Comment accorder crédit à leurs paroles toujours suspectes d'être des symptômes ? Que deviennent les droits des patients dès lors que le soin se fait la plupart du temps sous la contrainte ? Comment l'institution s'est-elle peu à peu fabriqué ses propres règles de fonctionnement au mépris des besoins particuliers des malades ? Bref, pourquoi condamne-t-elle ceux qui " ont perdu la raison " à ne jamais la recouvrer ?