Que peut apporter l'écriture à celui que guette le mutisme ou la confusion psychotique ? Quel recours offre-t-elle aux patients réunis au sein d'un atelier d'écriture ou à des auteurs tels que Rodanski, Artaud ou Pessoa ? Ecrire permet-il de recoller les morceaux d'une identité perdue ou de multiplier ses doubles jusqu'à se perdre ?
N'est-ce pas plutôt, comme le soutient Bernard Cadoux, une manière de restaurer ou d'inventer le récit maternel premier qui aurait dû permettre à l'enfant de devenir sujet de son histoire ? L'expérience clinique de Bernard Cadoux, en appui sur la lecture qu'il fait de ces écrivains de la folie, le montre : l'écriture, dans l'adresse faite à un autre, essaie de fabriquer de l'intime, cet " espace du dedans " cruellement manquant lorsque les parents n'ont pas pu en esquisser le contour.