Au cœur d’un village africain, le vent souffle et le sable se soulève au loin. Signe que l’eau va manquer bientôt. Très bientôt. Les hommes se rassemblent et débattent. Rahne, l’instituteur, tente de convaincre le groupe de prendre la route vers l’est pour rejoindre la région des Lacs. Mais les autres hommes du village sont méfiants, craignent les pillards et préfèrent s’engager vers le sud. Seulement accompagné par la famille d’Assambô, Rahne quitte donc son cabanon avec sa femme, Mouna ; ses fils, Ravil, Ako et Kizou ; sa seule fille, Shasha ; quelques brebis ; et Chamelle, si importante dans le désert. Il possède peu de biens, mais toujours plus que d’autres qu’il croise sur la piste. Sur le chemin, les puits se font rares et sont gardés par des clans armés. Des groupes d’hommes, ivres et drogués, sèment la terreur. Et certains, comme Lassong, profitent de la misère pour s’enrichir…
Chamelle, ou l’histoire d’une errance dans le désert. Un grand récit sur les damnés du monde soumis à l’exode de la soif et sur la puissance de l’amour d’un père pour sa fille. La langue est belle, poétique, entre espoir et abattement. Une langue ciselée par le scénariste Tony Lourenço d’après le roman de Marc Durin-Valois. Par son trait et ses magnifiques aquarelles, Cynthia Thiéry, elle, fait exister chaque membre de cette famille, pour que jamais les lecteurs ne les oublient.