Nomme eveque de Saint-Brieuc et Treguier en 1862, Mgr David fut qualifie de « gallican de la veille de l’avant-veille ». Ses idees etaient celles de Bossuet et de l’Eglise de France. Pour
les gallicans de l’epoque, Ie pouvoir des eveques etait de droit divin. Il n’emanait pas du pouvoir du pape. A ce titre, ces eveques demandaient a etre associes au gouvernement de l’Eglise universelle qu’on appelle sa conciliarite. Ces idees n’etaient pas celles de son clerge. Ses pretres etaient ultramontains et soutenaient l’ensemble des doctrines attachees a faire valoir l’autorite et le pouvoir absolu du Pontife romain en matiere spirituelle et politique.
Pendant vingt ans, Mgr Davidfut l’eveque gallican de ce diocese ultramontain. L’histoire de son episcopat fut celle de cette opposition.
Dans son diocese d’abord, en France ensuite, et enfin pendant le concile Vatican I (1869-1870), il travailla a la constitution d’un episcopat fort et conscient de ses responsabilites.
Si le gallicanisme etait moribond a l’arrivee de Mgr David a Saint-Brieuc, le concile Vatican II (1962-1965) honorera plusieurs de ses requetes : une priorite d’attention au peuple de Dieu avant la constitution hierarchique de l’Eglise, une mise en valeur de la collegialite des eveques en communion (hierarchique) avec le pape, une reconnaissance des Eglises diocesaines, dites particulieres, avec leur eveque pour garant de leur unite.