De la Chine nous ne connaissons pas grand-chose, si l’on considère une histoire qui s’exprime en milliers, sa taille en millions et sa population en milliards. Ces graduations macroscopiques ne nous permettent pas évidemment de nous placer à hauteur d’humain.
Après le séisme mondial du Covid 19, le philosophe Xiang Biao a constaté que les habitants des villes ont tendance à se percevoir à deux échelles : une toute petite, celle du soi, et une autre très vaste, celle de la planète. Pour lui, il nous manque des échelles intermédiaires. Il questionne la notion de proximité dans ses dimensions géographique et sociale.
Tout près est la réponse de Woshibai à l’invitation du penseur. Se saisissant de la plus petite unité de la bande dessinée, la case, l’auteur capture instants, idées, images ou sensations. Deux cases deviennent une page, une association, une opposition. Huit pages deviennent une séquence. Vingt-deux séquences, enfin, deviennent un livre.
Le langage de la bande dessinée est mis au service d’une exploration poétique du monde : voisins, ventilateurs ou papillons de nuit. Tout chemine entre le connu, le lointain, le proche et l’inattendu. La relation entre texte et image autant que la maitrise du minimalisme cherchent une profondeur qui ne cesse de surprendre.