Ce livre a commencé le jour où mon chat est mort. Dix-huit années d’ordinaire partagé. Puis plus rien. Chaque tentative d’écriture s’arrêtait après trois phrases. Trois phrases sur la mort de mon chat. Interrompues par la sensation d’empiéter sur l’ordre convenu des chagrins, interdites par la honte, la hiérarchie tacite des deuils, par cette idée tenace que la mort d’un animal est anecdotique.
Écrire Grave, c’était accepter de ne pas être raisonnable, accepter de ne pas réduire la mort d’un animal à un détail attendrissant. C’était comprendre que l’écriture est aussi une manière de tenir à quatre pattes parmi les vivants.