Amine Kessaci reprend la plume pour narrer la vie d'une femme
ordinaire, une mère frappée par la violence du monde. Elle se
nomme Baya Seddik. Femme debout que la douleur n'a pas
couchée. Révoltée, écorchée, sensible.
Mars 2013. Nabil, le fils de Baya, surnommé Yoyo depuis le berceau, est retrouvé carbonisé dans le coffre d'une voiture, à quelques rues de
leur appartement de Font-Vert. Quelques mois plus tôt, Nabil avait tourné dans un clip de rap. Il y jouait un charbonneur dénoncé, séquestré dans un coffre, aspergé d'essence. Baya, elle, tenait le rôle d'une nourrice. C'était de la fiction. Mais tout s'est passé comme si la cité avait connu la fin de l'histoire avant que ses enfants ne l'écrivent. Nabil est mort.
Depuis ce jour, Baya marche. Elle marche dans les manifestations. Elle marche aux côtés des autres mères, celles qu'on ne voit qu'aux
enterrements et qu'on oublie le lendemain. Elle marche contre l'effacement, contre la statistique, contre cette mécanique sociale
implacable qui compile les fils des quartiers nord dans une comptabilité macabre.