L’unique journal redige au sein meme d’un camp francais ; un temoignage lucide et plein d’humour
Trois humbles cahiers d’ecolier, couverts d’une ecriture limpide, quasiment sans ratures. Ainsi se presente le journal de Pierre Rigaud, conserve aujourd’hui au Musee de la Resistance Nationale. Un tresor : les ecrits d’un otage fusille le 7 mars 1942 pres de Compiegne, un homme parmi les 800 executes comme tels par les Allemands en France. Si nombre des fusilles ont ecrit une derniere lettre face a la mort, aucun n’a redige un tel document. Jour apres jour, ces 262 pages manuscrites relatent 209 jours d’internement au camp de Choisel a Chateaubriant. Il s’agit pour Rigaud de garder trace, pour lui-meme et pour l’avenir. On y lira, temoignage o combien precieux, menus et grands evenements de la vie quotidienne, quelques rares informations venues de l’exterieur, des reactions a chaud, sans deformation par les souvenirs plus ou moins lointains comme c’est le cas des memoires rediges parfois des dizaines d’annees plus tard. Le plus souvent des faits. Les commentaires generaux sont rares, toujours orientes par l’utilite collective. Aucun apitoiement sur lui-meme. Beaucoup d’ironie et une perspicacite rare.
Introduit et annote, le texte est complete par diverses lettres et temoignages ainsi que par une galerie de portraits de personnages cites.