Les destins croisés de deux femmes en résistance, à Tahiti la reine de l’île face à la colonisation et à Paris la reine des cabarets face au patriarcat
La reine Pomaré est double. Deux femmes ont, à la même époque mais à 15 000 km de distance, porté ce nom : Pomaré IV de Tahiti et Élise Sergent. La reine de Tahiti tenta, dans sa jeunesse, de restaurer d’anciennes coutumes. Comme ses sujets, elle croyait au mana, aux forces spirituelles invisibles. Non destinée au trône, elle voulait vivre à sa guise. Elle résista à l’annexion de son île par la France. Élise Sergent était une révoltée; elle avait les cheveux noirs et le teint mat; elle dansait dans les bals publics et défiait toutes les autorités de son temps ; on l’appela, par dérision, la reine Pomaré. Charles Baudelaire et les Romantiques étaient fous d’elle. Véritable phénomène médiatique, première pop star du XIXe siècle, elle connut une célébrité aussi rapide que fugace. Dans les quotidiens de l’époque, l’une pouvait faire la première page quand l’autre occupait la seconde. Elles ne se sont jamais rencontrées, mais chacune connaissait l’existence de l’autre. Cécile Cerf relie leurs trépidantes destinées par l’intermédiaire d’un mystérieux marin anglais, agent spécial au service de la reine de Tahiti, en mission à Paris.