Ce livre est le dernier que nous avions publié de Christian Bobin en 2011 : presque immédiatement épuisé il manquait depuis bientôt une décennie. Sa poésie garde la fraîcheur des premiers volumes mais porte cette fois sur un peintre inconnu, ou «le peintre inconnu» pourrait-on dire, comme tant d’autres, gardien de musée, se cachant pour dessiner des portraits solitaires.
Extrait :
Elevé en Angleterre, nourri au lait d’or des fanfares royales, le dessinateur grandit dans une famille à la pauvreté aristocrate. La meule de l’école broie l’enfant au cœur visionnaire. Le monde est une fourmilière, une trop grande sensibilité y signe votre arrêt de mort. «Trop vivant pour plaire» est le verdict. On fait garder les chefs d’œuvre d’un musée par celui qui en dessine nuit et jour dans l’atelier en feu de son cœur.