Promue " Ville verte " en 2010, puis inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO deux ans plus tard, Rabat était déjà citée comme une " ville-paysage " modèle au début du XXe siècle.
Dès la seconde moitié du XIXe siècle, aux États-Unis comme en Europe, espaces libres et jardins publics occupent une place prépondérante dans l'aménagement des villes. Les concepts de parkway américain, de gardencity anglais ou de "système de parcs " en France seront autant de manières d'exprimer et d'expérimenter une nouvelle relation entre la ville et la nature. C'est dans ce cadre que s'est engagée la planification des nouvelles villes marocaines entre 1912 et 1930, période durant laquelle furent réalisés les plans directeurs d'aménagement et d'extension des principales cités du royaume. L'étude des projets paysagers à Rabat, Marrakech, Meknès, Fès et Casablanca permet de mieux comprendre le contexte de création des parcs et jardins publics au Maroc sous le protectorat. Ces jardins, aujourd'hui objets d'une attention particulière (réhabilitations, classements), restaient encore mal connus malgré la renommée internationale d'urbanistes, d'architectes et de paysagistes français tels que Henri Prost, Albert Laprade et Jean Claude Nicolas Forestier. Ode visuelle à l'art des jardins et à la création des villes, l'ouvrage est jalonné de plans historiques inédits, de somptueux dessins et de photographies anciennes. Il a également bénéficié de campagnes de prises de vue photographiques en couleur qui rendent hommage au savoir-faire des grands créateurs de jardins méditerranéens. Prix Spécial du jury du - Prix Redouté 2018
Table des matières :
Introduction La création de la ville-paysage idéale au début du XXIe siècle La doctrine urbaine du protectorat français au Maroc Rabat, la ville-paysage idéale Le jardin d'Essais, jardin d'acclimatation au coeur de la ville Le jardin du Belvédère, vue sur la ville Le quartier-jardin de la Résidence Nouzhat Hassan, ancien jardin du Triangle de vue Les jardins des Oudaïas et de la Mamounia, deux jardins publics en marge du système de parcs Le Chellah, des vestiges historiques au milieu de jardins d'orangeraies Les espaces libres complétant le système de parcs La trame verte de liaison : un réseau continu de voies-promenades plantées Marrakech, cité des grands jardins Meknès, la ville des oliviers Fès, la ville spirituelles Casablanca, une ville tournée vers son port. Prix Spécial du jury du - Prix Redouté 2018
Notice biographique :
Mounia Bennani est diplômée de l'École nationale supérieure du paysage de Versailles et de l'École des hautes études en sciences sociales, où elle a soutenu une thèse sur l'histoire du paysage dans le contexte de l'aménagement colonial au Maroc. Elle a fondé en 2006 sa propre agence " MBpaysage ", établie à Rabat. Mounia Bennani milite en faveur d'espaces publics de qualité et pour l'amélioration du cadre de vie au Maroc. Elle a fondé, en décembre 2010, l'Association des architectes-paysagistes du Maroc (AAPM), première association regroupant les professionnels de l'architecture du paysage au Maghreb, reconnue par l'IFLA (International Federation of Landscape Architects).