ANNY DUPEREY: Une nuit que la tempête faisait rage, un cavalier qui rentrait chez lui, revenant d'un long voyage, voulut prendre un raccourci à travers la forêt. La neige tombait à gros flocons, il ne voyait pas à plus de cinq mètres devant lui, si bien qu'il ne reconnut plus le chemin qu'il avait parcouru tant de fois, et se perdit. Au bout de plusieurs heures, harassé, grelottant de froid et la faim lui tenaillant le ventre, il se sentit désespéré. Pour la première fois de sa vie de militaire, il sentait la peur monter en lui lorsque soudain, là-bas, à travers les sapins, il distingua une lueur. Rassemblant ses dernières forces, il dirigea son cheval vers ce qu'il crut être une humble demeure ou une simple cabane de bûcherons. Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il s'aperçut qu'il s'agissait d'une demeure presque princière: elle était toute éclairée Ou dedans, les grilles monumentales étaient grandes ouvertes. Il pénétra Pans la cour. On y voyait comme en plein jour mais elle était déserte. L'homme mena sa monture vers les écuries, Il fut surpris de ne rencontrer aucun valet pour l'accueillir comme il était d'usage à l'époque. C'est alors qu'il se dirigea vers le perron et entra dans ce merveilleux château. Dans le hall, personne. Il entra dans ce qui lui semblait être une bibliothèque, toujours personne, il ne rencontrait toujours personne. Il parcourut plusieurs pièces, illuminées par des torches et richement meublées. Il arriva enfin dans une salle à manger monumentale où crépitait un immense feu dans une Pelle cheminée. Un seul couvert était disposé sur la table. Dans un grand plat en argent, un spécialement pour lui. (...)