"Marielle, Broca et Belmondo... Pourquoi ces trois-là? Repêchés miraculeusement dans les fossés de l'Histoire, surnuméraires des Trente Glorieuses, dernières traces de notre humanité jadis triomphante. Cinéma de papa. Vieilles lunes. Parce qu'ils incarnent le temps béni des égéries masculines. Parce qu'ils ont construit notre façon de penser et d'être. Nous leur devons tout. Notre mégalomanie cabossée, notre flamboyance désespérée, notre façon de griller les feux rouges de la bien-pensance, de vivre l'instant et advienne que pourra. (...) Ils étaient ma France et demeurent mon identité. [...] Je serai à vie leur débiteur." A la fois précis de sociologie, galerie de portraits, manuel de résistance, ode à la nostalgie et jeu de rôles, Ma dernière séance est une gourmandise littéraire. Avec son stylo-caméra braqué sur trois icônes françaises, à coups de phrases qui pétaradent ou qui fleurent bon une mélancolie amère, Thomas Morales rend un magnifique hommage à un cinéma souvent conspué par l'intelligentsia mais plébiscité par des millions de spectateurs.