C'est un mouvement très récent, puisqu'il est apparu en 2009, dans les soubresauts de la crise financière. Pourtant, il obscurcit totalement le paysage politique américain: il pèsera de façon déterminante dans le choix du candidat républicain, lors des primaires qui vont se tenir de février à juin 2012. Et ses mots d'ordre, ses colères, ses suggestions, même les plus farfelues, orientent d'ores et déjà les prises de position des ténors conservateurs. Si le Tea Party a acquis une telle surface médiatique et une telle notoriété, c'est qu'il est porté par un puissant élan populaire. Ses militants sont des « hommes blancs en colère », fragilisés par la récession, opposés à l'interventionnisme militaire et, pour beaucoup d'entre eux, révoltés à l'idée qu'un Noir ait pu être élu à la présidence des États-Unis. Ils reprochent pêle-mêle à Barack Obama son indulgence vis-à-vis de Wall Street et ses projets de réformes « socialistes ». Ils n'ont pas de doctrine ou de pensée constituée: leurs convictions évoluent entre les thèses libertariennes et le conservatisme le plus étroit. Ils ont pour règle de n'obéir à aucun leader. Est-il imaginable qu'ils puissent un jour gouverner? Cet ouvrage retrace, pour la première fois, les origines et l'évolution du mouvement, ses inspirations intellectuelles et le portrait de ses figures les plus représentatives. Il plonge aussi, grâce à une enquête sur le vif, au plus profond des motivations des militants.