Les appartenances religieuses se mulitiplient de manière accélérée dans toute l'Amérique latine. L'Eglise catholique perd son monopole religieux qui, jusque là, jouissait d'une situation historiquement privilégiée. En effet, toutes les nations de la région se sont cimentées autour d'un national-catholicisme fort. La démultiplication d'acteurs religieux en concurrence se déploie dans une logique de marché. Celle-ci brise le monopole catholique, mais surtout pousse l'Eglise catholique à se redéfinir en adoptant les mêmes procédés que ses concurrents. Loin d'être en déclin comme certains le supposent, celle-ci se trouve stimulée par les innovations qu'elle est conduite à expérimenter. Contrairement à l'Europe, l'Amérique latine est un marché religieux en expansion. En même temps, les nouveaux acteurs religieux ne cherchent pas seulement à gagner des parts du marché des biens de salut. Ils visent une égalité de droit avec l'Eglise catholique, et s'engagent dans des démarches de négociation politique. C'est là et aujourd'hui que se joue tout l'avenir des rapports du religieux et du politique dans la région.