D une oasis saharienne à la « grande oasis » de La Rochelle « Je m appelle Mohamed et je porte le nom de Khaldi parce que je suis né à Sidi Khaled, département de Biskra, en Algérie. J avais douze ans en 1930, l année où l administration française a décidé, après cent ans de colonisation, de recenser les habitants du sud algérien. Je suis donc né en 1920 mais le 15 février et non le 15 décembre, comme il a été inscrit sur mes documents. » Puis, après sa sortie de prison à la fin de la guerre d Algérie, en compagnie de son ancien chef au FLN: « Messaoud est parti vers sa Kabylie et moi vers ma grande oasis, autrement dit La Rochelle. » Mohamed Khaldi centre ses mémoires sur son rôle au sein du FLN. Mais très vite à leur lecture, on s aperçoit que ces quelques années font partie d un parcours beaucoup plus riche, celui d un homme épris de justice qui, parti d Algérie à l âge de vingt ans, connaît le camp de travail de la base sous-marine de La Pallice, éprouve un sentiment de révolte contre son état de « colonisé », s engage dans le combat pour l indépendance de son pays, profite de ses années de prison pour s affirmer en véritable leader auprès de ses compatriotes tout en apprenant la langue française en profondeur... Sans jamais oublier le rôle premier de sa femme, fille d un armateur rochelais devenue institutrice, à l accompagner vers son statut de philosophe et sa décision de devenir français... Cela peut sembler paradoxal, mais c est grâce à son engagement au FLN et à son expérience de la prison que Mohamed est devenu ce qu il est, un vieux sage, comme on les imagine dans les récits de l ancien temps. Tel est le sens profond de ses mémoires.