Un homme garde des bouloches au fond de ses poches. Parfois il les tient au creux de la main. Il en aime la rondeur et la douceur. Par elles, il se rassure, reste au monde ou se souvient de l’enfance.
C’est un pere sous l’œil de sa fille. Elle le regarde partir. Le moment present n’a plus prise sur lui. Les souvenirs s’effacent. Et s’il s’agit de l’oubli et de la perte, on lit surtout l’amour et la vie qui unissent ces deux-la.
Françoise Lison-Leroy offre un texte fort, ou l’observation de la vieillesse du pere se teinte tour a tour d’emotion, d’humour, de tristesse, et toujours de tendresse. Il y a de l’âprete dans cette ecriture qui evacue tout sentimentalisme et toute complaisance, qui dit les choses comme elles sont.
Pascaline Wollast repond par des dessins noirs, emplis de matiere, ou la terre et le personnage se confondent. Le jardinier, le jardin, les animaux, les bouloches deviennent sous son trait les objets d’une geographie de l’intime.