L’officier de Marine Pierre Loti (1850-1923) devient le benjamin de l’Academie francaise lorsqu’il y est elu en 1891. Sa relative jeunesse explique-t-elle les saillies qui emaillent son discours d’entree sous la Coupole, un an plus tard, et lui valent les foudres de la presse, Barres en tete ?
Il s’en prend au naturalisme, alors que Zola est dans la salle. Et il a cet aveu, detonant : «Je ne lis jamais !» C’est inexact : il a lu, Flaubert et Chateaubriand entre autres. Mais, surtout, il ecrit. Comme nul autre, dans un style impressionniste aussi personnel que novateur.
Voici son discours «plein de revelations», la reponse de l’academicien qui l’accueille et connait son Loti, les reactions que suscite son arrivee tonitruante parmi les Immortels. On croise aussi Alphonse Daudet, Ernest Renan, Edmond de Goncourt, Juliette Adam, Alice de Monaco... On lit une page savoureuse de l’histoire litteraire francaise.