"Le XIXe siècle rend une certaine opulence à l'agriculture. Puis vient le temps des ruptures, l'avènement du modernisme, des industries nouvelles qui attirent vers les villes une main-d'oeuvre agricole nombreuse, pressée d'échapper à la rigueur des travaux des champs, à la dictature des saisons. Un nouveau mode de vie se fait jour dans les petites capitales que sont Apt, Cavaillon, Pertuis. [...] C'est la fin d'un monde, le déclin de l'ancienne civilisation rurale dont Giono se fait le chantre. Le progrès technique ouvre des horizons, [...] Les premiers touristes affluent, émerveillés devant la lumière des lieux, la splendeur des paysages, tel l'écrivain voyageur Ardouin-Dumazet contemplant à petite vitesse, de la fenêtre du train, les rondeurs du massif et les villages perchés."
Plus de 300 cartes postales anciennes témoignent de la richesse du Luberon il y a un peu plus d'un siècle.
Avec une grande finesse, Carina Istre nous conte le Luberon de la Belle Époque: ses villages perchés encore agricoles, tandis que commerces et petits métiers fleurissent dans les cités - Apt est déjà célèbre pour son ocre et ses fruits confits. Foires et marchés à Cavaillon et Lourmarin, fêtes populaires et excursions sur les bords de la Sorgue rythment le quotidien. Avec l'arrivée des premiers touristes émerveillés, le Luberon prend conscience de sa beauté et de son authenticité.